Voici la retranscription de la vidéo « Montessori c’est fou » que j’ai eu grand plaisir à traduire. La traduction du livre entier de Trevor Eissler s’en est suivi 🙂
« Mes trois enfants sont dans une école Montessori, et dernièrement une
maman m’a parlé de son fils, doué, passionné et curieux, qui était allé dans une
école Montessori pendant quelques années jusqu’à ce qu’une perte d’emploi
dans la famille, la contraigne à l’inscrire dans une école publique traditionnelle.
Comme elle venait le chercher à son nouvel arrêt de bus, jour après jour elle
commença à remarquer quelque chose … Elle a dit : « J’ai vu la lumière dans
ses yeux s’affaiblir, la flamme était en train de s’éteindre ! »
Elle ne parlait pas des notes de son fils dans sa nouvelle école, ni des diplômes
du professeur, ni de la taille de la classe, ni des activités extrascolaires, elle ne
parlait pas du comment il rivaliserait avec la Chine, ou augmenterait notre PIB.
Elle parlait de la flamme à l’intérieur de lui qui s’amenuisait, s’éteignait.
Selon moi, la recherche de cette flamme intérieure, cette motivation à
apprendre et à se développer est le cœur du contraste entre les écoles
Montessori et les écoles traditionnelles.
Les écoles traditionnelles supposent que les enfants ont besoin de
récompenses pour apprendre (étoile en or, décorations, fêtes …). S’ils ne
répondent pas, ils doivent être punis (mauvaises notes, bureau du principal …)
Les écoles Montessori proposent l’opposé : les enfants n’ont pas besoin d’être
forcés pour apprendre. En effet, les enfants sont naturellement intéressés par
les apprentissages. Regardez n’importe quel enfant avant qu’il aille en crèche, il
touche-à-tout, prend, retourne et goutte à tout.
Avant même de mettre le pied dans leur première classe, ils ont appris
comment tenir debout, marcher, nager, chanter et compter, faire du vélo,
raconter des histoires, des blagues et des mensonges. Certains même peuvent
lire. Et ensuite, ces enfants de 6 ans, énergiques, accomplis et passionnés
deviennent des enfants de 12 ans qui demandent : « Est-ce que nous allons
être noté là-dessus ? Est-ce que ce sera dans le contrôle ? »
Cette flamme qu’ils avaient à l’âge de 6 ans ne s’est pas éteinte toute seule :
nous l’avons étouffée.
En revanche, les écoles Montessori entretiennent cette flamme en favorisant
l’expérience, l e respect de son propre rythme, un apprentissage collaboratif,
stimulant et joyeux. Elles encouragent la pensée différente au lieu de la pensée
unique, l’innovation au lieu de la standardisation.
Montessori fait tout ça : Sans note, sans contrôle, sans devoir
Comment ? Parmi les différentes raisons en voici deux :
1. Des classes multi-âges. Les classes Montessori regroupent 3 années par
classe. De 3 à 6 ans dans une classe, de 6 à 12 ans dans une autre et ainsi
de suite. La mixité des âges permet aux enfants plus âgés de devenir des
leaders, des mentors et d’apprendre aux autres tandis que les plus
jeunes ont l’expérience de travailler avec des camarades de classe plus
âgés.
L’enseignant n’est pas debout délivrant la même information à 30 enfants
tout en essayant de les garder sur la même page. A la place, l’enseignant se
déplace plutôt dans toute la pièce, travaillant avec les enfants
individuellement ou en petit groupe. La mixité des âges permet à un enfant
qui travaille sur, par exemple ; sur l’addition, de s’asseoir à côté d’un autre
élève qui travaille sur la multiplication.
Chacun peut voir non seulement ce qu’il peut faire dans un futur proche et
où il en était dans le passé, mais aussi pourquoi il apprend ce qu’il est en
train d’apprendre mais aussi pourquoi il apprend ce qu’il est en train
d’apprendre et comment cela s’intègre dans le tout. Voir le tout permet à
l’élève de s’approprier son apprentissage, un élément essentiel pour
encourager le désir naturel d’apprendre de chaque enfant. Ce qui nous
amène au point 2 :
Saisir tant qu’il est brûlant cet intérêt de l’enfant.
Une enseignante Montessori m’a parlé d’une petite fille de 8 ans
intéressée par la longue division. Après avoir présenté quelques
exemples, l’enseignante observa la fillette qui créait son propre
problème de division, mais après avoir trouvé le quotient la fillette
ajouta un autre chiffre au dividende…. Et encore un autre … Et continua
son calcul jusqu’aux centaines, milliers, dizaines de milliers, centaines de
milliers, des millions, des billions, des trillions….
Comme les calculs atteignirent le bas de la page, l’enseignante pensa
rapidement à apporter plus de papier et du scotch. Des heures plus tard, quand
la fillette décida qu’elle avait terminé, il y avait tellement de feuilles de papiers
scotchées les unes aux autres que lorsque l’enseignante scotcha la première au
plafond, la dernière atteignait le sol .
Avec Montessori, les enfants suivent leur intérêt, là où la passion les emmène.
Quelle que soit la vitesse avec laquelle elle les porte, indépendamment du
travail des autres.
Pouvez-vous imaginer au lycée, cette petite fille qui n’a pas de problème avec
les calculs et qui a déjà fait des divisions du plafond jusqu’au sol à l’âge de 8
ans ? Pouvez-vous imaginer l’expression de son regard quand sa maman ira la
chercher à l’école ?
Montessori est la meilleure méthode d’éducation que j’ai trouvée pour les
enfants pour apprendre joyeusement, et efficacement, l’interdépendance, la
responsabilité, l’autodiscipline, les bases solides et la passion d’apprendre.
Je vous conseille vivement de visiter une école Montessori, asseyez-vous 30
minutes dans la classe pour voir de vous-même.
Observez la lumière dans les yeux des enfants. » – Trevor Eissler-
#montessori
#apprendreautrement
Vanessa Toinet- Auteure de la préface « Montessori c’est fou ! »
Guide Montessori 3- 6 et 6-12 ans & Médiation scientifique en astronomie (Morvan-celeste.com)
Co-Auteure de livres en lien avec les pédagogie actives ( Collection Montessori Pas à pas -Ecole Vivante/ Retz) et auteure de livres à destination du grand public ( « Je cuisine, je grandis avec Montessori », « Je jardine, je grandis » aux éditions Playbac)